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Dagli: Architecte, artiste et social influencer 14/09/2020

Créé en 2005, le cabinet d’architecture Dagli+ Atelier qui prépare actuellement ses nouveaux bureaux à Senningenberg est en pleine ascension. Au sein de bureaux baignés de clarté dont les murs sont recouverts tant d’inspirations que de projets, Türkan Dagli se livre à cœur ouvert. Rencontre.

Artiste peintre par vocation et mathématicienne dans l’âme elle se dirige tout naturellement vers la meilleure alternative : l’architecture. Elle réalise ses études à Düsseldorf où elle y rencontre Gerhard Richter dont l’œuvre est reconnue depuis les années 1980 comme une expérience artistique inédite avant d’intégrer la Westfälische Technische Hochschule (RWTH) d’Aix-la-Chapelle. Assoiffée d’avant-gardisme et d’expérience, elle fait ses premières armes au sein de Schneider + Schumacher à Frankfurt am Main en Allemagne. "J’y ai appris le hors norme" se remémore-t-elle, "ou alors j’y ai appris de l’ordinaire mais n’ai gardé que le hors norme".

L’évolution pour ambition
Alors qu’elle rêvait de Paris et du français, c’est finalement au Luxembourg qu’elle pose ses valises, apprend la langue et établit son plan de carrière. Pour sa nature, pour son côté aéré mais avant tout parce que c’est ici qu’elle a pu faire ses preuves. Jeune architecte, l’occasion de travailler sur le projet Pôle Nord – Invik Bank lui est offerte, les retombées sont telles qu’elle créée son propre cabinet. "Les premières années étaient difficiles" confesse-t-elle. Et de continuer, "débuter en son nom alors que personne ne vous connaît, que vos références sont moindres, c’est un véritable défi". Pour autant, depuis quelques années, Türkan vit une success story grâce au réseau qu’elle s’est créé avec le temps. "Je crois que je pourrais dessiner toute une toile rien qu’avec les liens qui existent entre mes clients", une œuvre que nous ne serions pas étonnés de croiser.

Ne pas vulgariser la tendance
Aux tendances actuelles, l’artiste préfère défier les codes en lui apportant une part d’elle-même : du classique, de l’élégance et de l’avant-gardisme. "Depuis quelques temps, les architectes choisissent la sécurité en créant des formes cubiques. Ils pensent que c’est ce qui inscrit leur projet dans la modernité mais oublient que l’architecture moderne vieillit plus rapidement que le reste". La concernant, elle s’inspire de son quotidien, lit de la philosophie, s’intéresse à l’architecture ancienne et classique. Exit la banalité, la plus-value est de rigueur.

 

Pour créer, elle s’isole et bat en retraite. Le point de départ diffère en fonction du projet, de l’inspiration. Ce peut être une forme, un escalier ou une fenêtre … Le tout à la main avant même de débuter à l’ordinateur.

Une "social reference" pour les jeunes créatifs
Désormais, la réputation du cabinet Dagli+ Atelier n’est plus à faire et ses quelques 38,3k abonnés sur Instagram en témoignent. Pour autant, les architectes n’ont de cesse d’élargir leurs horizons en participant à des foires telles que le Pavillon National organisé par la Chambre de Commerce au salon Expo Real de Munich ou le rendez-vous à Cannes. L’occasion pour eux de tisser de nouveaux liens, de faire de nouvelles rencontres avec des architectes étrangers, des clients potentiels.

Si Tükan a pour ambition de se développer à l’international, ses réseaux sociaux, eux, ont déjà fait le tour du monde. L’architecte par son âme d’artiste et ses coups de crayons a réussi à créer une communauté très à l’affût autour de posts pastels faisant la part belle aux années 50, entremêlant dessins et plans des projets. Aussi son compte Instagram à la fois doux, classique et romantique nous emmène-t-il dans l’univers selon Dagli.

Ses abonnés sont généralement de jeunes architectes, des étudiants et de jeunes artistes. "Grâce à cela, je peux définir des tendances car mes projets et mes illustrations se diffusent en ligne très rapidement et à un degré inimaginable", explique-t-elle. En somme, une véritable influenceuse.


http://dagli.lu