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Caroline Thill, vers une approche écologique du Lycée Michel Rodange 14/09/2020

Caroline Thill, architecte associée de Jim Clemes Associates, a toujours su qu’une fois entrée dans la sphère artistique, elle n’en sortirait jamais. Rencontre. 

Son talent, elle le doit au regard exigeant qu’elle porte naturellement sur ce qu’elle voit, telle une évidence. Artiste en herbe, elle entreprend un baccalauréat artistique avant d'intégrer une école préparatoire aux écoles d’art où elle forge sa rigueur, sa discipline et sa méthodologie nécessaires au fondement et au développement de tout projet. Un apprentissageriche lui permettant de rejoindre l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris. Depuis lors, elle ne doute plus. Elle sait pértinemment que c'est dans la sphère de la conception et la concrétisation de projets architecturaux, qu'elle évoluera et s’épanouira.

La concrétisation d’un projet 
Des professeurs inspirants et des rencontres avec des professionnels expérimentés dont Jim Clemes, participeront aux réflexions architecturales de l’architecte ; autant de chemins croisés qui s’ajoutant à la diversité culturelle de ses origines grecques et luxembourgeoises influencent la créativité quotidienne de Caroline Thill. 

Elle cultive une orientation esthétique curieuse et ouverte. Bercée tant par le classicisme que par le contemporain, ce qu’elle aime, c’est user d’une méthodologie pour fondre l’inspiration dans la contrainte ; une sculpture fonctionnelle. Se démarquant par un idéal d’ordre et de raison, elle est à la recherche d’un équilibre de l’espace architectural se résumant à son intemporalité. « A l’époque, les lieux de cultes symboliques construits pour et par rapport à un lieu fondaient les codes que nous retrouvons aujourd’hui » évoque l’architecte. Dépasser les phénomènes statiques, imposer une certaine grandeur, du beau entraînant une émotion théâtrale, telle est l’ambition d’hier et d’aujourd’hui.

L’ascension des femmes architectes à l’après-guerre 
S’il lui eut fallu être architecte à une période autre que la sienne, ce serait sans aucun doute durant l’après-guerre. Une partie de l’histoire extrêmement riche intellectuellement et propice à l’arrivée des femmes dans l’architecture. Caroline cite avec plaisir Charlotte Perriand, l’une des rares femmes  à se faire un nom dans le domaine de l’architecture à cette époque. Dans une optique de stimulation de la réflexion et création architecturale dans l’urgence de la reconstruction de logements et d’équipements publics, « les pouvoirs publics donnaient beaucoup de liberté aux architectes pour développer des nouveaux concepts après-guerre. Dans une démarche presque scientifique pour certains, philosophique aussi,nombre d’architectes concevaient des architectures audacieuses ». C’est dans cette lignée que Caroline cherche à marier l’audace et la fonctionnalité nécessaire à la pérennité d’un ouvrage.
Vers une approche écologique du Lycée Michel Rodange 
Le projet de sa vie ? « Toujours celui du moment » répond-t-elle en souriant. Et de reprendre, « dans  mon cas actuellement, un projet prenant est la rénovation et l’extension du LMRL (Lycée Michel Rodange Luxembourg), le lycée dans lequel j’ai étudié avant mes études ».  D’ailleurs, la nuit, il lui arrive de rêver du passage de son baccalauréat confesse-t-elle en riant. En  parfaite synergie avec l’architecture brutaliste d’origine, il s’agit de révéler l’esthétique et de mettre en avant l’architecture d’origine en en sublimant la géométrie. « On déconstruit un peu, on épure, on revient à un esprit minimaliste employant moins de matériaux et s’assurant de l’impact positif de ces derniers sur la santé des utilisateurs et donc des élèves. On mesure la qualité de l’air, contrôle les origines des matériaux, la durabilité et recyclabilité des ceux-ci pour que cette construction puisse accompagner les élèves et professeurs durant les 50 prochaines années ». En somme, à l’image de Jim Clemes Associates, le LMRL adopte une architecture durable prenant en compte l’impact de la construction dans l’évolution de notre environnement direct comme global. 

Ainsi, la mise en place de toitures vertes extensives et intensives, la création d’un jardin pédagogique sur le toit, l’installation de panneaux photovoltaïques et la réutilisation de la structure d’origine de la construction (limitant le bilan carbone du projet) offrent une approche écologique globale faisant de ce projet un exemple d’adaptation d’une architecture des années 70 aux paradigmes contemporains.
 
L’extension, qui accueille une salle de sport semi-enterrée évitant que son volume n’écrase les bâtiments existants et une salle polyvalente reliée à une nouvelle cafétéria adoptent des formes contemporaines faisant écho à la géométrie des bâtiments rénovés. Un projet à découvrir prochainement.
 

https://www.jimclemes.com/